Après deux mains.


Une main, grande, large se saisit d'une autre plus fine, plus fragile.
D'abord c'est un croisement ferme, les jointures se calent, les phalanges s'imbriquent, paume contre paume, moelleux contre moelleux. Les pouces se rabattent comme des crochets, scellant l'étreinte.
Les secondes s'égrènent, la pression tient, amoureuse.
Quand la sensation charnelle s'amplifie, la plus carrée des deux va se détendre imperceptiblement, l'autre devine, s'écarte, doucement les doigts se détachent, un à un.

Le moment où elles se quittent se suspend, puis l'une glisse vers la quintuple extrémité de l'autre. Surprise, elle se referme instantanément, effleure les ongles robustes, une fois encore la pression se relâche, elles glissent l'une contre l'autre dans une infinie douceur. Elles reprennent leurs places, mais la sensation est trop forte, elles s'éloignent de nouveau.

Elles s'effleurent, s'apprivoisent, la plus puissante dessine des arabesques sur la ligne de vie offerte de la petite main gracile.

Elles jouent un cache-cache sensuel, du pouce délicat vers la tendreté des coussinets. La caresse est enveloppante. La chaleur gagne. La finesse féminine de la première se joue de sa partenaire, elle se fait plus câline, plus tendre. Quelque chose d'humide, de tiède lubrifie leurs peaux. Un index se glisse à la réunion de l'annulaire et de l'auriculaire.
Tressaillement.
Les pouces caressent, serrent et desserrent leurs pressions.
Dix amants qui s'éprennent les un des autres.
Leurs tièdes moiteurs les imprègnent, leurs ébats sont secrets.
Qui saurait les découvrir ?
Qui le voudrait ?


Ysab Camari

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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