Les névropathes : mon père
Caractéristiques : obsédé du travail, de la reconnaissance sociale. Désir le plus cher : mourir avant la retraite, pour qu'il y ait plein de monde à son enterrement. A applaudi le gouvernement quand il a retardé l'âge de départ en retraite. Il peut ainsi crever plus tard, et s'exploser encore joyeusement les neurones sur son boulot.
Depuis toujours, il quitte la maison à 6 du mat' et ne revient qu'au milieu de la nuit, après deux ou trois coups de semonce de sa moitié pour lui rappeler qu'il n'est pas foncièrement obligé de fusionner avec son ordinateur. Le week-end, pour combler l'ignoble rejet du monde du travail, il s'agite dans tous les sens. Peut-être craint-il que les angoisses de ma mère s'infiltrent en lui s'il stationne dix secondes le nez au vent. Le suivre des yeux relève du miracle de la rétine : il se déplace à 100 images/seconde.
Aucun de nous n'a hérité de ses gênes suractives. Mon frère, mes sœurs et moi avons opté pour une autre philosophie, élaborée au fil des années, qui se résume assez facilement à : "pourquoi se faire chier pendant des mois pour quelques jours de plaisir éventuel (les vacances)". Mais notre attitude ne perturbe aucunement le fondement de son existence : nous sommes transparents. Il nous a posés sur une étagère de sa vie, qu'il époussète vaguement quelques heures par an, histoire de se tenir au courant de l'évolution des primates qu'il a engendrés sans doute un jour de grève générale. C'est ainsi qu'il a été agréablement étonné à l'obtention de mon bac : il me croyait au collège. Le reste du temps, les événements courants traversent ce fantôme. Etre aspiré dans le monde de l'entreprise lui donne un air nuageux, perdu hors de sa planète. On l'appelle E.T. Bureau.
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Un petit commentaire pour le zauteur...
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