Sur ton piédestal d’orgueil


Tu crois pouvoir m’éloigner
En feignant d’ignorer
L’attirance que tu suscites en moi.
Combien de fois m’as-tu frôlée
Pour mieux me repousser ?

Sur ton pied piédestal d’orgueil
Tu crois pouvoir me railler,
Te jouer de moi impunément,
Tu crois pouvoir me défier,
Me fuir, mon bel amant,
Patience, bientôt tu sentiras
Le souffle de tes espoirs
Happé dans le tourbillon du néant.

Fini de jouer à pile ou face
Pour tous nos rendez-vous.

Quand la nuit finira par tomber,
Je libèrerai ce parfum d’ivresse,
Promesse d’un nouvel élan,
Promesse d’un inoubliable je t’aime.
Tes yeux se noieront dans les miens,
Tes mains affoleront mon corps,
Sous la douce étoffe couleur du soir.
Vaincu mais consentant
Tu t’abandonneras au délice
De ce baiser longtemps repoussé.

Pour mieux te persuader
Que ce n’est pas une illusion
Qui s’affole dans le vide
Je laisserai monter ton plaisir.
Tu t’abandonneras, avide
Et tu comprendras enfin.
Cette fois ci, tu ne rêves pas.

Toi le puissant, l’intouchable,
Sur ton piédestal d’orgueil,
C’est bien moi
Que tu embrasseras,
Bientôt, oui bientôt,

Pauvre mortel.


Gilles Gras

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