Sous la robe, la plage


La porte se referme, froissement d’étoffe, elle s’assoit.
Mélange subtil de vanille et de cannelle, écran naïf pour masquer ses phéromones.
C’est Elle.

Mon sang s’affole. Je voudrais en cet instant oublier ses seins qui m’appellent, oublier ses fesses qui ondulent et m’attirent quand je la croise revenant d’acheter son pain.
Une inspiration. Souviens-toi ! Oui je sais, j’ai juré fidélité.
Je voudrais ignorer cet appel sensuel dans sa manière de baisser le regard en me saluant comme pour s’excuser du vertige qui m’envahit devant ses charmes offerts.
Retrouver le calme, autre inspiration. Toi l’exemple !
Je sais, ça ne se fait pas. Après tout personne ne le saura. Non il ne faut pas.
Désir violent que je dois refréner chaque jour, chaque matin, chaque rencontre.
Succomber et après ?
Mes pensées se tournent vers la femme et l’enfant.
Pardonnez-moi !
Je veux leur crier que j’ai résisté jusqu’à présent à cette invite charnelle mais...
Mais aujourd’hui elle est là, tout près de moi, si près, trop près.

Son souffle chaud raconte ses yeux qui pétillent.
Ah que ne suis-je sourd et aveugle !
Heureux que la pénombre cache mon regard enflammé qui la déshabille.
Protection fragile et dérisoire.
Toutes ces années passées à me forger une carapace, liquéfiées.
Le masque de la droiture vole en éclat.

Sent-elle monter en moi ce désir irrépressible ?
Mon cœur part en vrille, mon esprit chavire, mon sexe se dresse.
Je dois pourtant me contrôler.
Les forces m’abandonnent. L’air me manque, la lumière semble vaciller.
Ultime résistance, ultime hésitation, ultime inspiration.
Au diable fidélité, convenances et autre foutaise !
Je veux simplement laisser ce tourbillon me submerger pour enfin ...

- Pardonnez-moi mon père, car j’ai péché.
- Hein ?... Ah oui. Hum, hum ! Je vous écoute ma fille. Au nom du père, du fils…


Gilles Gras

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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