The show must go on
La roue tourne pour entretenir la permanence du combat contre le doute. D'illusions en déceptions, de fausses luttes en fausses victoires, de croyances en manipulations, on finit par ne plus croire en rien. Est-ce à dire que tout devient possible ?
Faudra-t-il que je cogne ma femme pour susciter un élan de sympathie à mon égard ?
Ce sentiment de liberté que procure chaque mouvement de colère, chaque acte de rébellion, chaque débordement parle de lui-même. Pour avoir confondu le principe de vie avec la Sainte Trinité, nous voilà rendus à l'état d'esclave du mensonge institutionnel pouvoir-argent-travail. Faudra-t-il que je me prosterne au pied de l'isoloir pour exister ?
C'est pour cette insupportable condition (qu'aucun téléviseur, somnifère et autre club-méd ne devrait pouvoir effacer) que nous sombrons quotidiennement dans le silence, l'anonymat, les fausses affinités, les plaisirs surannés, l'alcool, la folie, l'ennui ou le suicide programmé.
Faudra-t-il que je pardonne celui qui souffre uniquement parce qu'il souffre ?
Personne ne mérite la prison, aussi dorée soit-elle et pourtant il faut parfois payer!
Bien que le prix en soit élevé, j'ai choisi le chemin de l'amour.
Aussi pas de regrets, ni de remords et encore moins d'excuses pour tous ceux qui, bien que vivants sur la même planète, ne sont pas du même monde que moi.
Faudra-t-il que je vous dise clairement que,
Je n'aime pas celui qui combat et n'accepte pas de perdre,
Je n'aime pas celui qui milite en s'engraissant du désespoir de celui qui va au charbon,
Je n'aime pas les faiseurs de manières, de misères et de poisons,
Je n'aime pas l'ordre établi ni le désordre commandité,
Je n'aime pas ceux qui ont condamné le rouge et le noir au deuil et au sang,
Je n'aime pas la vie sous l'emprise de l'alcool, non pas parce que les gens sont bourrés, mais parce qu'ils ont si peu d'idées que c'est un peu de fête gâchée.
Faudra-t-il que j'avoue aimer ce monde, aussi sombre soit-il,
Pour l'espoir et l'émotion qu'il entretient malgré lui,
A moins qu'il ne permette,
Ne serait-ce que le temps d'un battement de cœur,
Que chacun puisse assouvir impunément…le plus noir de ses désirs.