Requiem pour un pauvre diable
Tous les rapports concordaient. Il fallait agir et vite.
Depuis l’élimination de la douce Karin’chnikov, obstacle majeur à son désir hégémonique, l’infâme Phil Phégor avait réactivé sa cellule de propagande subversive.
Les planques effectuées aux différents domiciles du toujours sanguinaire Ysab Camaroff avaient permis d’identifier plusieurs membres de l’équipe. Gil Bond frémissait dans son ensemble Georgio Armani à la lecture des dossiers sarkosiens. Que du beau monde, la crème des crèmes de la manipulation mentale. Delimaëv dit l’acide, l’expéditive Klaud Cordika, et l’insondable Argandtz.
Gil Bond n’était pas dupe. Les premiers effets dévastateurs sur les consciences laissaient présager de l’existence d’éléments autonomes, véritables snipers de l’esprit embusqués en secteurs stratégiques. Il devinait la patte de Grodegnievski l’œcuménique et s’inquiétait de la montée en puissance d’ Inkaraditch le gnome.
La partie s’annonçait rude. Le sourire Tonicotine au coin des lèvres, Gil Bond savait pourtant qu’il avait une longueur d’avance sur ses adversaires. Il avait noyauté l’organisation et pouvait compter sur le maître de la survie en milieu hostile, l’agent mimétique par excellence, capable de noyer le poisson si nécessaire, le fidèle Boby Bul.
Infiltré de longue date, Boby Bul lui avait appris que Phil Phégor n’avait pas hésité à faire subir les pires sévices aux anciens de sa garde rapprochée avant de les supprimer, un par un, pour l’exemple. Réduits à l’état larvaire par les pratiques perverses de Spermanouskaïa, ils avaient enduré les tourments les plus abjects de la cruauté sans limites du cerveau démoniaque de Phil Phégor.
Concert de Lara Fabian, discours de Fanfan Hollande, Sarko président, Valérie Bez...
- Non, non, noooooon
- Gilles ? Ca va ?
- Non, c’est la fin de semaine et j’ai toujours pas pondu un texte.
Le Taulier va encore râler.