Un monde de contradictions
Il enjambe le parapet et se jette dans le vide.
Ca faisait plus d'heure qu'il fixait l'eau, une heure que j'attends qu'enfin il se décide.
Une gerbe d'eau, il disparaît. Remous, écume, il revient à la surface.
Un instant il se débat, appelle, mais ses cris se diluent dans l'indifférence de la foule.
Vain sursaut car il disparaît à nouveau. Aurait-il changé d'avis ? Possible.
J'assiste à son combat inutile, sans rien faire, croyant respecter sa décision.
Mais était-ce bien sa décision ?
Il réapparaît, le fleuve semble hésiter aussi.
Son regard croise le mien, il ne veut pas mourir.
Est-ce la réalité, le fruit de mon imagination ou mensonge, j'hésite.
Le fleuve, lui, semble avoir pris sa décision, il disparaît.
Je reste là, m'interrogeant sur ces contradictions.
Qu'auriez-vous fait à ma place ?
Je vous vois convaincus de votre réponse.
Facile tant que l'on n'a pas été confronté à la réalité de cette situation.
C'est alors que son corps flottant inerte à la surface de l'eau met un terme à ma réflexion.
La lumière de la compréhension s'immisce, apaisante, dans le flot de mes doutes.
Même le fleuve aura hésité jusqu'au bout, pour finalement changer d'avis.
Qui de lui ou du fleuve peut prétendre avoir apporté une réponse satisfaisante.
Alors pourquoi en serait-il autrement pour moi, pour vous.
Et si la contradiction dans son envie d'en finir résidait dans le comment en finir ?
Tout le monde sait qu'immanquablement, un noyé finit par remonter à la surface.
A chacun le temps de s'interroger, de peser le pour et le contre ou d'envisager.
Je vous l'accorde, quand il remonte c'est toujours trop tard.
Trop tard pour lui demander, trop tard pour essayer. Mais en avions seulement envie ?
Bon,
J'y réfléchis et je vous tiens au courant,
En espérant qu'à mon retour… il ne sera pas trop tard.