Les taufes d'un héros
A ceux qui croient que mon argent endort ma tête
Je dis qu'il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête…
Ah ce bon vieux Balavoine… un artiste, un poète, avec ses faiblesses, celles que l'on a excusées, comprises, acceptées, revendiquées comme ses millions empochés durant sa carrière grâce à son talent et son charisme. Il était un de ceux qui savaient jongler avec les mots comme d'autres avec un ballon. Ca méritait bien une petite chanson.
Oui quand on gagne beaucoup d'argent, parfois ça ramollit les neurones de ceux que l'on a élevés au rang d'idole au rock'n roll ou d'icône au football.
Ah tous ces bons petits gars sortis de la rue, qui ont su prendre le train de la renommée en même temps que leur revanche sur leur condition d'origine ou le contraire, ça n'a que peu d'importance. Mais malgré les strass et les bravos ils n'en restent pas moins des voyous, comme quand ils étaient mômes, enfin presque. Paraît que c'est le côté obscur comme ils disent, ouais, obscur façon Stars Wars Reality Show. Il fut un temps c'était Bertrand et Marie ou les amants de Vilnius. Aujourd'hui c'est Zizou et Materazzi ou l'étoile fuyante.
Bonjour l'exemple pour la jeunesse.
Cruelle désillusion pour tous ceux qui ont du mal à voir le soleil percer l'horizon gris de leur banlieue. La star que l'on voudrait immortelle devenue une coque vieillissante comme le commun des mortels. Et voilà les jeunes dépouillés de la parcelle de rêve et de fierté qu'ils avaient cru pouvoir s'attribuer dans leur monde en quête d'identité. Pathétique !
Bah, t'inquiète Zizou, il te reste tes millions pour pleurer, les mômes sont comme ça, ils s'identifient jusqu'au jour où ils comprennent que toi aussi tu es devenu ce que tu dénonçais. Faut pas leur en vouloir. Si tu les croises dans la rue ils auront encore pour toi les yeux de Chimène, mais si tu regardes au delà de l'étincelle de bonheur qui enflamme leur cœur tu pourras lire la rancœur qui couve pour une vérité qu'ils n'ont pas oubliée :
Un coup de boule, c'est fait pour éclater le nez de celui qu'on veut sécher pour t'avoir insulté.
Qu'il se relève et tu as perdu.
Comme quoi une étoile en plus sur un maillot tient à peu de chose.
Juste quelques millions de trop !
Gilles Gras