Le grenier


L'enfant n'imagine pas l'importance sur son devenir que peuvent revêtir les lieux.

Il traverse l'espace et le temps et advienne que pourra.

Joie, découverte, insouciance et la vie qui se construit au fil des rencontres, au fil des expériences.

Tout avait commencé dans le grenier de Bébert.

Bébert et moi nous nous retrouvions tous les mercredis après-midi dans ce lieu que nous peuplions de chevaux, de dragons, de batailles mémorables dont nous sortions toujours vainqueurs malgré la supériorité flagrante de nos ennemis. Nous réinventions l'histoire. Enfin quand je dis nous, c'était plutôt Bébert qui réinventait, moi je ne réinventais rien, c'est normal j'étais le petit, lui était plus grand (1 an de plus).Il était mon idole.

Bébert il avait toujours des idées que je n'avais pas.

Moi je me contentais de suivre sans chercher à comprendre en rêvant à devenir comme lui. Son imagination paraissait sans limites. S' il avait voulu il aurait pu être au moins scout …

Ah oui au moins !

Puis un jour Mauricette est venue partager nos jeux.

Bébert m'avait expliqué que les chevaliers étaient plus courageux quand il y avait une princesse. Alors nos combats sont devenus plus dangereux, la victoire moins flagrante. Bébert se devait de rassurer Mauricette, parce que les filles elles ont toujours peur même quand elles ne risquent rien. Il la prenait dans ses bras, lui parlait doucement à l'oreille et lui faisait des bisous. Maman faisait ça aussi quand je faisais des cauchemars, rassuré, je prenais ma teutote et je finissais par m'endormir. Mais Mauricette c'était une grande et Bébert il n'avait pas de teutote.

Alors il lui donnait sa bistouquette à sucer. C'était une bonne idée car elle la mâchait avec plaisir. Elle était bien rassurée après.

Moi je montais la garde pour repousser les éventuels rescapés qu'auraient pas compris et qu'auraient l'intention de revenir nous attaquer.

Mauricette elle aussi, avait de bonnes idées. Bébert avait accepté quand elle lui avait demandé de mettre son zizi entre ses jambes. Je comprenais pas pourquoi, maman elle ne me le demandait pas ça. Je crois que seuls les grands chevaliers peuvent comprendre. En tout cas, j'étais drôlement fier que Bébert me fasse confiance pour monter la garde, c'est des missions très difficiles qu'on ne confie pas à n'importe qui quand même.

Y'avait pas souvent d'ennemis qui venaient après, alors de temps en temps je regardais Mauricette et Bébert. C'était agréable de regarder et ce qui m'amusait, même si je comprenais pas pourquoi, c'est que ma quéquète elle devenait toute dure. Des fois je me frottais avec la main et elle devenait encore plus dure, comme un bout de bois. C'était bon mais ça me laissait mal au ventre. J'aurais bien voulu demander à Bébert pourquoi ça me faisait ça mais il n'aurait plus jamais eu confiance en moi pour monter la garde.

Puis un jour, Mauricette n'est plus venue jouer avec nous.

Le grenier nous semblait vide, dénué de tout intérêt malgré tous les trésors et les secrets qu'il avait partagés avec nous. Les dragons et autres batailles n'avaient plus de charme depuis que nous avions découvert ceux de Mauricette.

Même Bébert n'avait plus d'idées.

Bien que ne comprenant pas pourquoi, j'ai senti qu'il attendait de moi une idée, je le devinais dans son regard. Il me donnait la chance d'être enfin comme lui .

Et, sans réfléchir, j'ai proposé que chacun son tour on soit la Mauricette.

Bébert n'était pas très chaud.

J'ai cru comprendre que c'est parce qu'elle était tellement géniale mon idée, que ça l'embêtait que c'est pas lui qui l'avait eue .

Mais devant mon enthousiasme, il a accepté… en m'offrant le premier tour.

Et là j'ai commencé à comprendre…


Gilles Gras

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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