De la pertinence de la question


Progrès de la médecine, répression de la délinquance routière, clonage, environnement, diététique … l'homme semble s'évertuer à vouloir repousser une échéance pourtant inéluctable.
A quoi bon puisque tôt ou tard on finit par mourir, on n'y peut rien, c'est la vie ! Tiens ! vous voyez, même la formulation est idiote.

Pendant qu'il cherche à faire crever la planète entière, l'homme tente de supprimer la mort. Et le sens de la vie dans tout cela ?

Au fond la vie c'est comme deux routes qui se croisent.
C'est vous au bord du chemin et la Mort qui passe.
Et la Mort s'arrête.
Elle s'arrête toujours… pour l'auto stoppeur vivant.

Oh je vous rassure tout de suite, avec elle vous ne risquez rien car, contrairement à l'automobiliste moyen, elle est prudente la Mort. Elle a peur de l'accident.
Vous riez ! mais essayez d'imaginer, juste un instant, la Une de votre journal :
" Nouveau drame de la route, la Mort finit sa course folle écrasée contre un mur (ou encastrée dans un platane, c'est comme vous le sentez).
Elle aurait bonne mine tiens, la Mort, de mourir dans un banal accident de la route.
Remarquez ce serait un juste retour des choses. Pour une fois c'est elle qu'on emporterait sur un brancard pour finir à la morgue.

Triste fin pour une triste vie.
Personne pour venir la reconnaître, personne pour verser une larme.

Vos larmes, vous les garderez pour pleurer sur votre nouveau sort.
Vous voilà désormais condamnés à vivre sans Mort,
Condamnés à vivre à perpétuité,
Condamnés à regretter, quand l'ennui ou la lassitude pèseront sur votre vie,
Condamnés à regretter de ne plus pouvoir arrêter la Mort,
Sur la route de l'oubli,
Et partir
Avec elle
Enfin libre.


Gilles Gras

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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