Bubulle ou le sushi de l'âme
Pour avoir dit il y a quelque temps ce qu'il avait à dire, mon papa m'a autorisé à me mêler au débat de maux, pas si stérile que ça, qui résonne sur Quincailles actuellement.
Rompu à la navigation en eaux troubles depuis ma naissance, mon délire d'opinion ne bouleversera pas outre mesure ce grand courant de passions qui vous agite le cœur, vous les humains.
Vu de mon bocal, j'ai d'abord envie de vous dire qu'il n'y a pas que moi qui tourne en rond. L'humain face à la notion de laïcité réinvente ses fantasmes, sa relation au sacré ou au divin, ses peurs, ses doutes, ses peines et ses désirs, toujours les mêmes, éternellement recommencés.
S'il y a une chose que j'ai apprise à votre contact c'est que la laïcité, comme la religion, n'est pas un modèle d'intégration, d'ouverture et de tolérance. Ce système qui se veut indépendant et libre de toutes conceptions religieuses et partisanes n'est qu'une abstraction de laboratoire. Dans la réalité les laïcs ont exclu les églises et leur religion du politique et de l'administratif, officiellement pour le bien des hommes, mais concrètement pour confisquer, à leur tour, le pouvoir.
Voilà le mot est lâché, le pouvoir.
Tout acte, toute idée, toute organisation humaine est basée sur qui détient le pouvoir. Ce qui tendrait à expliquer les abus, les atermoiements, les frustrations, les perversités, les conflits. Alors, frères humains, quand vous déciderez-vous à abandonner cette organisation sociétale qui conduit dans le mur et à l'extinction de l'homme, pour adopter, par exemple, le système naturel de la meute qui permet à chacun de trouver sa place car la meute existe dans un seul but, la survie et le développement de l'espèce.
Ouais… sauf qu'il faudrait que le dominé accepte son statut, que le chef de meute assume ses responsabilités et que les dominants ne fuient pas leurs devoirs. Pas très humain tout ça.
Après tout il est permis de rêver et ça c'est là que réside votre force. Le rêve et la créativité. Dans ce jeu qu'est la vie, tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir, chaque chevalier se démène avec son miroir, tantôt aux alouettes, tantôt accès au pays des merveilles, tantôt vérité froide, parfois judas quand il est sans tain mais toujours reflet de l'âme et de vos humeurs.
Chacun ressent ce besoin de se créer, sa Karine, son Hollande, son chapeau de paille, sa Spermula, son suicide, son gol, son Chirac, son paon, son Don Quichotte, chacun poursuit sa baleine blanche.
Mon papa lui, c'est son Bubulle.
Bloup, Bloup !