Au vent de la nuit
La nuit avait déposé sur sa peau d’écume
Un voile pudique en touches de lumière.
Elle avait cette grâce propre aux nymphes,
Cette beauté sauvage qui enchaîne le coeur
Dans une promesse où se consume notre vie.
Une étincelle de cristal perlait à ses yeux,
Illuminant cet étrange sourire sur ses lèvres.
Son corps cambré, offert au vent du large
Frémissait sous la caresse des embruns
Dans un murmure où s’échouent nos rêves.
L’horizon suspendu au feu du firmament
Rougeoyait du souffle de la nuit finissante.
Son être résonnait des langueurs océanes
Sous la lune berçant les flots paresseux
Dans l’attente où s’abîment nos mystères.
L’aube s’est étendue sur le rivage endormi
Effaçant l’image née des larmes de la mer.
Cette nuit, j’ai cueilli dans le vent du large
Ces mots hésitants pour vous dire comment
Je me suis noyé dans le bleu de son océan.
Gilles Gras
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