Pleurs
Je m’interdis de pleurer de peur de ne plus savoir m’arrêter, alors je pleure en rêve et mes sanglots me réveillent sur de tristes images.
Il vaudrait mieux que je pleure le jour sur les oies cendrées qui tournent au dessus de chez moi en hurlant ou sur les lamentations du chien enfermé en haut du village, ou simplement sur ma solitude.
Qu’ai-je peur de voir rouler dans le flot de mes larmes ?
Des poissons frigorifiés, des sacs poubelles jetés à la mer, des sous-marins torpilleurs, des arbres déracinés, du plancton, du sable, des écrevisses … de l’or ?
Oui, je devrais me laisser pleurer.
Françoise Charrière
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