Le sang des pierres


Diamant, rubis, saphir, émeraude,
Pierres étincelantes, éternelles et précieuses !
Quelle femme n’a pas envié la reine et son diadème, jalousé la star et sa rivière.
Allez les filles, convenez-en, on en rêve toutes.
Le lapidaire révèle leur âme par la taille,
Le bijoutier les rend désirables serties sur des matériaux nobles.
Leur pureté sous des cloches de verre immaculées envoûte les hommes qui nous les offrent
Pourtant,

Voit-on, sur cette plage d’Afrique du sud, le gamin se jouer des balles des gardiens, voleur de cailloux pour diamantaire ventru
Entend-on la souffrance du vieillard dans les mines de Birmanie,
Sentons nous l’odeur de mort qui rôde autour des anonymes du Sri Lanka
Comprenons-nous l’aversion pour les bains de boue de cette fille du Brésil
Je sais, c’est lieu commun que de le dire et personne n’est dupe.

Mais à chaque fois
Que je regarde le saphir à mon doigt,
S'éveille en moi l’étrange sentiment
Que l’éclat de cette pierre
N’est que le pâle reflet de l’âme de ceux qui l’ont arrachée à la terre.


Deliane G.

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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