Phrase (86)


Quand je suis assise à côté de quelqu'un dans le métro bondé, coude à coude, genoux touchants, je suis embarrassée, l'air de dire : j'ai pas demandé à avoir contact avec ce type, cette intimité m'est imposée. Alors au lieu de la subir comme un outrage, je me dis : C'est chouette d'être ainsi rivés l'un à l'autre dans l'inaction comme des moutons, je comprends enfin ce qu'est la solidarité passive de celui qui va à l'abattoir et ne dit rien de peur de réveiller le désir de liberté de l'autre qu'il a enfin réussi à éteindre au fond de lui même.


Claude Cordier

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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