Annabelle
Je vais vous dire ce qui m'attira chez Annabelle : elle était givrée, j'étais le seul à le voir, sa famille n'en avait cure, même sa grand mère la considérait comme une bonne petite et la parole des grands mères dans toutes les cultures fait foi. Mais moi on ne me la fit pas, Annabelle avait tous les signes de la déviance et je trouvais ça super marrant, je ne l'aurais pas échangé contre une pétasse blonde normale bonnet 90 C.
Annabelle, quand c'était nuit de pleine lune, hurlait comme un chien, et moi je me tenais calme couché contre son flanc. Annabelle souvent organisait des rites de fins de pleine lune avec cierges, pentacles et encens, et je me taisais. Elle pouvait m'utiliser comme une sorte d'autel vivant, déverser sur mon torse toutes sortes de choses plus ou moins dégoûtantes, je n'objectais rien à sa folie mystique jusqu'au jour où elle s'arma d'un couteau à lame courbe comme on en voit au Pendjab chez les sectateurs de la déesse Kali et qu'elle défit ma braguette d'un geste rapide tandis que ses copines idiotes pouffaient. En un éclair, je compris qu'elle en voulait à ce qui se cache dans mon slip et que les filles n'ont pas aussi gros, alors, je l'avoue, j'eus peur, et d'un geste ridicule je me levai, remontai mon jean et m'excusant presque, pris la porte en courant.
Je savais qu'elle m'en voudrait de cette bassesse typiquement masculine et rétrograde, d'autant que je lui avais laissé entendre pendant ces longs mois que pour moi le sexe n'était que de peu d'intérêt, ce revirement la mettrait dans une rage bien légitime que je ne souhaitais pour rien au monde affronter, aussi ayant quitté la place, jamais ne revis Annabelle.
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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