Cette chambre est immense.


Cette chambre est immense. Ce lit est un océan. Pas de fenêtre. Des écrans. Plats.

Je n’élabore aucun plan.
La machine qui me tient lieu de cerveau prendra les bonnes décisions, au bon moment.

Les derniers mois ont été un peu difficiles. Tromper le monde, ce n’est pas tout à fait comme tromper sa femme ou ses amis. (« Amis » ?)
Cela nécessite quelques efforts.

La fête était belle et j’ai dansé. Je danse bien.

J’ai souri aussi. Je souris bien. Avec les yeux.
C’est très important.

Je suis entouré d’esprits brillants, de théoriciens et de praticiens aux quotients intellectuels inimaginables. De femmes et d’hommes courageux et magnifiques. Capables d’élaborer et de comprendre des concepts d’une profondeur et d’une complexité proches du divin.
Je suis leur miroir sombre et secret. Ils se noient dans leur reflet.
Ils ne voient rien.

Comme toujours, ils se contentent de croire.

L’Espoir, l’Espoir encore.

L’humanité attend de moi que je la sauve.

De quoi ? De Qui ?

J’ai juré, deux fois, sur un livre.
Je voudrais, une fois, pouvoir en rire vraiment.

Silence…

Au commencement était le Verbe.
A la fin viendra le Silence.
Je le ferai.
J’en ai, enfin, le Pouvoir.

Mon soleil noir éclabousse d’absence. Très tôt, il m’a abandonné.
Merci à lui.
Sa couleur a teinté ma peau.
De sa vacuité s’est bâtie mon âme

Je les réunirai – tous – sur la colline de Megiddo.

Leurs vanités sont si faciles à manipuler.
Mon sourire.
Mon énergie – « communicative » – comme ils disent.

Leurs haines pathétiques n’en seront qu’exacerbées et leurs disputes grotesques reprendront de plus belle.

Ridicules parasites.

Un code et une clé soulageront l’Univers de notre insupportable insignifiance.

Le plus drôle, c’est qu’en fin de compte, je ferai ce pour quoi ils m’ont élu.


BUGS

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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