Autre occupation récurrente à bord : la vaisselle. A l'eau de mer bien entendu. Pas question de gaspiller notre précieuse eau douce. Avant le départ, j'ai souvent demandé à Antoine d'installer une arrivée d'eau de mer dans l'évier. Mais... il y avait une opposition de principe : pas de trou superflu dans la coque ! Bon, bon.

 

Du coup, nous sommes obligés de faire la vaisselle avec des seaux dans le cockpit. Ce n'est pas très pratique, surtout par temps agité.

 

Pour couper court à toute discussion, Antoine avait dit qu'il se chargerait lui-même de remplir les seaux d'eau de mer. En fait, c'est devenu sa punition car c'est très fatigant. Et lorsque l'on va vite c'est carrément sportif !

 

Poser une vanne d'arrivée d'eau de mer dans la cuisine est passé en tête de liste des travaux à effectuer à La Martinique ! C'est indispensable.

Quand ça bouge trop, on se contente de boîtes de conserve, que l'on mange à même la casserole pour ne pas faire trop de vaisselle. On appelle ça "les repas tristes".

Mais heureusement, nous avons aussi beaucoup de belles journées tranquilles où l'on peut cuisiner et faire de véritables gueuletons, arrosés d'un bon Bordeaux.

 

Et puis, il y a toujours le moment privilégié où l'on sort le pain du four. A chaque fois, c'est la fête !

 

Voilà, vous savez tout sur la traversée. On ne s'ennuie pas : les journées passent paisiblement.

Le moment du "point quotidien", pour observer sur la carte notre progression, est un véritable rituel. On calcule notre moyenne sur les dernières 24 heures : on appelle ça le "top 24/24". En dessous de 120 milles par jour, quelle déception !
Et puis, quand nous sommes secoués dans tous les sens par les grains, que le bateau sous grand-voile seule avec deux ris file quand même à 7 noeuds, on se dit pour se consoler : "demain, on aura un bon 24/24". Ca n'a l'air de rien mais ça vous requinque un homme ça !

Mais on a beau ne pas s'ennuyer, les derniers jours, bien sûr, on sent l'écurie et on a hâte d'arriver.

 

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