Après une petite navigation tranquille de 8 heures depuis Porto Santo, nous arrivons à Funchal.

 Un peu avant d'arriver, nous rencontrons en mer un voilier allemand en panne de moteur qui attend depuis une heure un souffle d'air pour aller à Funchal. Généreux, nous le remorquons jusqu'au port où nous faisons une entrée triomphale avec notre bateau en remorque.

 

 

 

La ville de Funchal est très jolie avec ses maisons blanches et ses jolies rues piétonnes. Nous nous y plaisons beaucoup et le port est vraiment au coeur de la vieille ville, ce qui est très agréable (même si c'est un peu bruyant le soir car toutes les fêtes et animations ont lieu sur le quai !).

Le grand atout de l'île c'est cette explosion de végétation exotique.
Ici, les parcs sont de véritables forêts tropicales.

 

Une vue de Funchal, construite à flanc de montagnes.

 

Impossible de ne pas parler du vin de Madère et des vignes qui recouvrent des pans entiers de montagnes. Ici, on ne trouve pas de vignes comme chez nous ; il n'y a que ces champs entiers de treilles à flanc de montagne. Le vin de Madère est bon et passe très bien à l'apéro, toutefois, nous lui préférons le vinho verde du Portugal dont nous faisons une petite cure.

 

 

 

 

Nous allons faire une promenade en montagne pour aller visiter le village de Santana qui est le seul sur l'île a avoir ces drôles de petites maisons au toit pentu en chaume. On dirait les maisons des 7 nains, non ?

On trouve aussi de petites étables traditionnelles dans lesquelles les paysans élèvent une vache à laquelle ils portent chaque jour de l'herbe fraîche. Les pauvres bêtes ne voient pas souvent le jour mais il n'y a pas de pré dans ce relief montagneux.

 

 

Les promenades en montagne sont traitres : il fait très chaud en bas, à Funchal tandis qu'il fait frisquet là-haut. En plus, lorsque nous arrivons à Santana, il pleut. Qui l'eût cru ?

 

 

Heureusement, ça ne dure pas et nous pouvons profiter de la merveilleuse vue sur la mer.

 

Un petit pique-nique au point de vue de Santana, en attendant que le téléphérique ouvre ses portes. Il emmène ses passagers sur la plage tout en bas et la balade vaut certainement le coup d'oeil.

Antoine en profite pour lire notre seul guide : "le petit fûté", contre lequel je râle sans arrêt tellement c'est nul. Je regrette de ne pas avoir acheté un autre guide de l'île avant de partir.

 

Ce faisant, les heures passent et le téléphérique va bientôt ouvrir. Malheureusement, Antoine a eu largement le temps d'observer les cables et les poulies et il déclare que "ce téléphérique n'est pas aux normes" et qu'il ne montera donc pas dedans. Je ne savais pas, moi, que Antoine était spécialiste en normes de téléphériques ! En tout cas, impossible de le décider à faire la promenade... oh la la... les normes européennes c'est la barbe !

 

 

On a beau lire et relire ce guide pas très futé, on ne trouve aucun renseignement intéressant pour visiter l'île.

 

A Funchal aussi, il y a un téléphérique pour monter dans le quartier du Monte où nous visitons une très jolie église et surtout un jardin tropical de toute beauté (pas de photo : l'appareil était resté au bateau). Ce téléphérique devait être aux normes car Antoine n'a pas fait d'histoire pour monter.

Le téléphérique, c'est très bien mais après il faut redescendre ! Heureusement, les Madériens ont l'habitude et il y a longtemps qu'ils ont mis au point une technique d'enfer pour redescendre les gens sur des petits traîneaux en bois : ce sont les "carros de cestos". Nous ne résistons pas au plaisir de faire comme tous les touristes et nous nous laissons embarquer dans une folle descente de 3 km. Les "conducteurs" ont de grosses semelles en pneu qui fument tellement ils freinent !

C'est l'heure des retrouvailles quotidiennes avec Claude et Francine. Ils ont un guide très bien fait sur les randonnées pédestres à Madère car ce sont de bons marcheurs. Chaque jour, ils nous donnent des tuyaux sur les belles balades à faire dans l'île : ce sont nos éclaireurs en quelque sorte.

 

Tandis que nos amis nous expliquent l'itinéraire à suivre pour faire une belle randonnée de 5 heures en montagne, Antoine est soudain pris d'une frénésie de bricolage : il décide de repeindre le pont avec de l'anti-dérapant blanc (je le soupçonne d'être prêt à faire n'importe quoi pour échapper à une randonnée de 5 heures !).

J'ai beau me moquer : il n'empêche que c'est une excellente idée d'avoir repeint le pont. Le bateau a pris un sacré coup de neuf !

Pendant que Antoine s'active comme un damné sur le pont, je passe des heures, très concentrée sur le micro, à créer notre site internet. C'est que, faut pas croire, hein : c'est du boulot de faire ça...

Comme il y a plusieurs jours que nous n'avons pas quitté le bateau, nous décidons d'aller nous promener un peu dans Funchal avec Didier et de visiter la très belle "Quinta das Cruzes" et son musée d'azulejos madériens.

 

 

Il y a dans le port maintenant pas mal d'équipages francophones en partance pour les Canaries. Tout ce petit monde sympathise et le bateau suisse Hobbit décide d'organiser un barbecue général.

Loïc a dégotté un petit barbecue brésilien à 4 €uros. En avant pour la sardine grillée !

Bien sûr, les enfants des équipages sont aussi de la fête et, comme toujours, ils adorent rôder autour du barbecue... c'est une constante.

 

Pendant que Loïc s'active autour du feu, sur le ponton, en bas, les agapes ont commencé.

Et, comme partout, pendant que les parents boivent, les enfants... se défoulent !

C'est chouette la liberté, hein ?

 

Nous avons fini par faire la fameuse randonnée de 5 heures que Claude et Francine nous avait recommandée et nous ne l'avons pas regrettée.

Nous avons longé une levada qui serpentait dans la montagne. Une levada, c'est un petit canal d'irrigation qui amène l'eau des montagnes jusqu'aux cultures.

 

Elles sont le résultat d'un travail colossal car elles traversent tout l'île, le plus souvent à flanc de montagne. Elles empruntent même des tunnels creusés à la pioche dans des endroits invraisemblables.

Chacune est entretenue avec amour et il y a donc un petit sentier pédestre qui permet de la longer tout du long ou presque.  Il y a 1000km de canaux qui drainent l'eau des forêts vers les cultures : ça en fait des balades !

Quand je dis "à flanc de montagne", je n'exagère pas. Parfois, le sentier devient réellement étroit et la paroi est très abrupte. Des âmes sensibles ont eu la bonté de mettre des rambardes dans les endroits les plus impressionnants pour limiter les effets de vertige.

 

 

Ces levadas font le bonheur du randonneur : les sentiers sont magnifiques et on peut dire que Madère est le paradis du tourisme vert (ça, pour être vert, c'est vert !).

Un nuage passe...

 

 

 

 

Et voilà, c'est la fin de nos vacances madériennes !