On trouve à manger dans le monde entier et il est inutile de stresser au sujet de la nourriture. On pourra préparer son avitaillement au moment de la traversée. De plus, ce sera souvent bien moins cher qu'en France.

Mais, par contre, on ne trouve pas partout des cornichons, de la moutarde de dijon, du cassoulet, du confit de canard, du foie gras, ... toutes ces petites merveilles qui rappellent le pays !
A Cherbourg, avant le départ, j'ai fait le plein de tous les produits typiquement français que l'on aime bien. De même, nous avons quelques bonnes bouteilles de vin en prévision des moments à fêter dignement !
Ces merveilles sont des "réserves spéciales" que l'on goûte avec parcimonie.


AVITAILLEMENT DE TRANSATLANTIQUE

Pour la transat, il a fallu faire un approvisionnement spécifique, beaucoup plus ordinaire. Si on compte environ 30 jours de traversée (en comptant très large bien sûr mais il vaut mieux être prévoyant), cela représente 60 repas en plus des petits déjeuners et des "grignotages" divers.

Il faut tenir compte du fait que l'appétence de chacun peut varier en mer. On peut très bien être écoeuré par des plats dont on raffole d'ordinaire. En navigation, par exemple, je ne peux pas déjeuner normalement : le thé m'incommode, j'ai soif de jus de fruits et je raffole des gâteaux de semoule (va comprendre !). Antoine, lui, fait une consommation étonnante de barres chocolatées (Kit Kat, Bounty, Mars...) Il suffit de bien se connaître et de ne pas négliger ces petits détails qui rendent la traversée plus agréable.
Comme nous ne sommes que 2, l'avitaillement est assez facile à organiser mais je pense souvent aux bateaux avec un équipage nombreux et je me demande où ils stockent leurs provisions...

Les produits frais :
Nous avons pu embarquer une importante provision de produits frais (desserts lactés, yaourts, fromage, charcuterie, ...) car, contrairement à beaucoup d'autres bateaux, nous avons un grand frigidaire et nous sommes autonomes en électricité.
On trouve aux Canaries de bonnes "tortillas" (omelettes aux pommes de terre) sous vide très faciles à réchauffer. Avec un peu de charcuterie, on a un bon repas complet vite fait, très appréciable quand les conditions météo ne permettent pas de cuisiner. De même, nous avions fait provision d'"empenadas" au thon (sorte de tourte en pâte feuilletée fourrée). Tout s'est très bien conservé.

La viande :
Grâce au frigidaire, j'ai emmené pas mal de viande afin de pouvoir cuisiner normalement les premiers jours. Avec un peu d'organisation, en préparant des plats copieux qui font plusieurs repas et en faisant pré-cuire la viande qui risquerait de s'abîmer, on arrive à gagner une bonne semaine de plats frais. La routine s'installe donc plus tard.

Les fruits et légumes :
Les tomates et concombres se gardent assez longtemps. Si on prend soin de choisir des tomates à des degrés différents de maturation, on peut encore en manger 15 jours après le départ. Idem pour les concombres et les radis. Une petite salade de crudités quand on navigue sous le soleil ; c'est bien agréable. De même, si on prend des avocats bien durs, on peut encore en profiter deux semaines plus tard. L'inconvénient, c'est qu'ils mûrissent tous ensemble mais on peut toujours faire du Guacamole qui se garde plusieurs jours au frigidaire.

Quant aux fruits, les pommes se conservent très bien. Il en restait encore à l'arrivée. On peut profiter des fruits de la passion (très courants aux Canaries) pendant une bonne semaine. Je n'avais pas emmené beaucoup de fruits et je l'ai regretté. Je serais plus vigilante lors de la prochaine longue navigation.

Les conserves :
Ensuite, il faut se rabattre sur les conserves. C'est là que nous apprécions les provisions faites à Cherbourg de produits typiquement français. Aux Canaries, il est difficile de trouver des conserves ; le choix est assez restreint. Pour agrémenter l'ordinaire des conserves, je fais mes propres plats cuisinés en bocaux.

Les ingrédients fondamentaux à bord :
Il y a 3 éléments indispensables, à avoir en permanence à bord : la farine, les oeufs et le lait. Ils sont très économiques et permettent de varier les plats à l'infini, évitant ainsi la lassitude. Avec ces trois là, chaque repas peut devenir une petite fête ! 

1/ La farine :
L'expérience de la transat m'apprend qu'il faut emmener beaucoup de farine. Désormais, en grande traversée, j'emmènerai toujours 5 kg de farine. En mer, il est tout à fait possible de faire de la pâte à tarte, des pizzas, des gâteaux, du pain... C'est une façon très agréable de varier les repas en écoulant les légumes et fruits en conserves.

2/ Les oeufs :
Même si l'on n'est pas amateur d'oeufs (comme nous), les oeufs sont un ingrédient fondamental car ils entrent dans de nombreuses préparations culinaires. Il est donc indispensable d'en avoir une bonne provision à bord. Ils se gardent longtemps, surtout si on pense à les retourner régulièrement pour éviter que le jaune ne tombe contre la paroi et pourrisse.

3/ Le lait
Merci au lait en poudre. C'est très facile à stocker, ça ne pèse rien et c'est d'une utilisation très simple. Comme nous ne sommes pas des buveurs de lait, le goût nous importe peu et nous ne l'employons qu'en cuisine. Pour garantir sa conservation à l'abri de l'humidité, c'est mieux de le transférer dans des bocaux ou des tupperwares hermétiques.

Les féculents :
Riz, pommes de terre et semoule sont d'excellents accompagnements, faciles à conserver et qui tiennent bien au corps. Par contre, les nouilles sont un peu plus compliquées à faire cuire : elles nécessitent beaucoup d'eau douce et il n'est pas toujours simple de les égoutter sans risque de brûlure.


A la fin de l'avitaillement, le bateau est véritablement plein à craquer. Antoine me demande si je compte ouvrir une épicerie ou bien si j'ai l'intention de faire un tour du monde sans escale. Il est vrai que j'ai peut-être prévu un peu large...  Bah, la vie en Espagne est tellement moins chère qu'aux Antilles : on sera bien contents d'avoir acheté tout ça à bon prix !