Pour la transat,
il a fallu faire un approvisionnement spécifique, beaucoup
plus ordinaire. Si on compte environ 30 jours de traversée
(en comptant très large bien sûr mais il vaut mieux
être prévoyant), cela représente 60 repas en
plus des petits déjeuners et des "grignotages"
divers.
Il faut tenir compte du fait que
l'appétence de chacun peut varier en mer. On peut très
bien être écoeuré par des plats dont on raffole
d'ordinaire. En navigation, par exemple, je ne peux pas déjeuner
normalement : le thé m'incommode, j'ai soif de jus de fruits
et je raffole des gâteaux de semoule (va comprendre !). Antoine,
lui, fait une consommation étonnante de barres chocolatées
(Kit Kat, Bounty, Mars...) Il suffit de bien se connaître
et de ne pas négliger ces petits détails qui rendent
la traversée plus agréable. Comme nous ne sommes
que 2, l'avitaillement est assez facile à organiser mais
je pense souvent aux bateaux avec un équipage nombreux et
je me demande où ils stockent leurs provisions...
Les produits frais
: Nous avons pu embarquer une importante
provision de produits frais (desserts lactés, yaourts, fromage,
charcuterie, ...) car, contrairement à beaucoup d'autres
bateaux, nous avons un grand frigidaire et nous sommes autonomes
en électricité. On trouve aux Canaries de bonnes "tortillas"
(omelettes aux pommes de terre) sous vide très faciles à
réchauffer. Avec un peu de charcuterie, on a un bon repas
complet vite fait, très appréciable quand les conditions
météo ne permettent pas de cuisiner. De même,
nous avions fait provision d'"empenadas" au thon (sorte
de tourte en pâte feuilletée fourrée). Tout
s'est très bien conservé.
La viande : Grâce au frigidaire, j'ai
emmené pas mal de viande afin de pouvoir cuisiner normalement
les premiers jours. Avec un peu d'organisation, en préparant
des plats copieux qui font plusieurs repas et en faisant pré-cuire
la viande qui risquerait de s'abîmer, on arrive à gagner
une bonne semaine de plats frais. La routine s'installe donc plus
tard.
Les fruits et légumes
: Les tomates et concombres se gardent
assez longtemps. Si on prend soin de choisir des tomates à
des degrés différents de maturation, on peut encore
en manger 15 jours après le départ. Idem pour les
concombres et les radis. Une petite salade de crudités quand
on navigue sous le soleil ; c'est bien agréable. De même,
si on prend des avocats bien durs, on peut encore en profiter deux
semaines plus tard. L'inconvénient, c'est qu'ils mûrissent
tous ensemble mais on peut toujours faire du Guacamole qui se garde
plusieurs jours au frigidaire.
Quant aux fruits, les pommes se
conservent très bien. Il en restait encore à l'arrivée.
On peut profiter des fruits de la passion (très courants
aux Canaries) pendant une bonne semaine. Je n'avais pas emmené
beaucoup de fruits et je l'ai regretté. Je serais plus vigilante
lors de la prochaine longue navigation.
Les conserves :
Ensuite, il faut se rabattre sur les conserves.
C'est là que nous apprécions les provisions faites
à Cherbourg de produits typiquement français. Aux
Canaries, il est difficile de trouver des conserves ; le choix est
assez restreint. Pour agrémenter l'ordinaire des conserves,
je fais mes propres plats
cuisinés en bocaux.
Les ingrédients
fondamentaux à bord : Il y a 3
éléments indispensables, à avoir en permanence
à bord : la farine, les oeufs et le lait. Ils sont très
économiques et permettent de varier les plats à l'infini,
évitant ainsi la lassitude. Avec ces trois là, chaque
repas peut devenir une petite fête !
1/ La farine : L'expérience de la transat m'apprend qu'il faut
emmener beaucoup de farine. Désormais, en grande traversée,
j'emmènerai toujours 5 kg de farine. En mer, il est tout
à fait possible de faire de la pâte à tarte,
des pizzas, des gâteaux, du pain... C'est une façon
très agréable de varier les repas en écoulant
les légumes et fruits en conserves.
2/ Les oeufs : Même
si l'on n'est pas amateur d'oeufs (comme nous), les oeufs sont un
ingrédient fondamental car ils entrent dans de nombreuses
préparations culinaires. Il est donc indispensable d'en avoir
une bonne provision à bord. Ils se
gardent longtemps, surtout si on pense à les retourner régulièrement
pour éviter que le jaune ne tombe contre la paroi et pourrisse.
3/ Le lait Merci
au lait en poudre. C'est très facile à stocker, ça
ne pèse rien et c'est d'une utilisation très simple.
Comme nous ne sommes pas des buveurs de lait, le goût nous
importe peu et nous ne l'employons qu'en cuisine. Pour garantir
sa conservation à l'abri de l'humidité, c'est mieux
de le transférer dans des bocaux ou des tupperwares hermétiques.
Les féculents
: Riz, pommes de terre et semoule sont
d'excellents accompagnements, faciles à conserver et qui
tiennent bien au corps. Par contre, les nouilles sont un peu plus
compliquées à faire cuire : elles nécessitent
beaucoup d'eau douce et il n'est pas toujours simple de les égoutter
sans risque de brûlure.
A la fin de l'avitaillement,
le bateau est véritablement plein à craquer. Antoine
me demande si je compte ouvrir une épicerie ou bien si j'ai
l'intention de faire un tour du monde sans escale. Il est vrai que
j'ai peut-être prévu un peu large... Bah, la
vie en Espagne est tellement moins chère qu'aux Antilles
: on sera bien contents d'avoir acheté tout ça à
bon prix !
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