In extremis.


Le peu qui reste de lui entame une dernière danse dans une flaque de boue. Les billets de cinquante, la boue et le sang ça fait un mélange moyen. Ca a été si facile ! Bien aligné, j'ai juste eu à presser la détente. Je suis un héros ! J'ai eu l'ennemi public, maman va être fière ! Il n'y a pas de secret, les pauvres types meurent bêtement et les autres reçoivent des médailles.
Je range mon calibre fumant dans son étui... Je suis viril.
Je me sens bien, j'ai mérité mon salaire aujourd'hui.
Sous ce soleil radieux je boirais bien une mousse, mais il n'est pas encore mort. Il me regarde. C'est la première fois que je descends un mec et il sourit.
Enculé, qu'est-ce qu'il veut de plus ? Que je danse sur son cadavre en chantant la Marseillaise ?
Vexé je me penche sur son corps agonisant.
Sa respiration sonne pénible et douloureuse mais il arrive à me dire :
- Bordel mon pote, il en aura fallu des Sociétés Générales pour que tu te décides à me sauver...
- Te sauver ? Mais tu vas claquer ! Tel que tu es là tu n'es qu'un mort vivant ! Qu'est-ce que tu espères d'autre ?
- Cancer mon pote, tu connais ? Il m'a laissé moins de chances que toi... J'ai bien cru que j'allais crever millionnaire."


Argan

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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