La femme Sahara
Comme un immonde charognard qu'attire l'odeur d'un coeur pourri, la solitude s'était posée sur ses épaules. Elle pesait tant que chaque pas devenait plus douloureux.
Accentuée par la chaleur du désert l'odeur devenait insupportable.
Mais malgré ce coeur en décomposition, le fabuleux explorateur du mont solitaire qui avait exploré les geysers de la haine pour en faire ses alliés, qui sans relâche avait oeuvré pour ne pas se laisser happer par le piége d'un amour aux relents de roses, celui là ne parvenait plus à avancer contre le puissant souffle du vent.
Le charognard enfonçait les serres de plus en plus profondément comme si il était impatient de voir l'aventurier abandonner.
D'un coup ses jambes cédèrent sous lui. Sans rien dire il s'abandonna dans un abîme infini sachant que rien ne l'attendait.
Il avait tout oublié de toute façon.
Dans sa fin il pleura et rit en même temps sans en savoir le sens. Les larmes coulaient dans sa bouche, les sanglots se mélangeaient aux rires stupides créant un miasme écoeurant.
Mais rien ne l'attendait, rien n'était triste.
Puis l'air autour de lui le retint, caressant son coeur malade. Il chantait un amour nouveau aux accents de Sahara. Sur sa blessure il posa un onguent magique au parfum de vanille. Puis ce vent si charnel aux allures de femme a chassé l'oiseau pitoyable.
L'homme envoûté par celle qu'il appela la femme Sahara devint lui même le vent, son coeur nouveau oubliant les roses nauséabondes. Et infiniment ces deux êtres immatériels parcoururent des mondes indicibles sans plus se soucier de l'humanité.
Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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