Tentative d’approche
Il est tard. Le métro s’arrête. Sur le quai, deux voyageurs descendent du wagon tout en continuant de parler.
La femme est seule à présent.
Plus que trois stations avant le terminus. Les portes se ferment lorsqu’un homme monte. Il s’assied en face de la femme. Le train démarre, elle regarde les murs sales défiler par la fenêtre
Un point sur sa vie.
Seule, toujours. Peut-être une malédiction. A quand remonte le dernier ? Elle refuse le calcul. Se concentre sur les graffitis.
Trop rapide.
Elle change de focale, aperçoit l’homme dans le reflet. Il la fixe. Elle tourne la tête machinalement et voit : la main enfouie dans le poche du jean qui caresse le sexe.
Lentement, avec délectation.
Elle détourne le regard, revient au graffiti. Son souffle court imprime sur la vitre un halo vaporeux. Elle sent sa présence, si proche.
Une station. Personne. Elle pourrait s’enfuir. Elle reste.
Son cœur frappe, comme un animal captif. Ses mains humides se pétrissent l’une l’autre.
Elle se redresse, leurs regards se croisent. Il a les yeux mi-clos.
Le mouvement de va et vient continue jusqu’à l’arrêt suivant.
Elle pourrait s’enfuir. Elle reste.
Le train repart.
Elle se baisse, très lentement, saisit la braguette de l’homme, tente de l’actionner. Il sort de sa torpeur, se lève d’un bond. Il se précipite sur une poignée de signal d’alarme qu’il actionne avec fureur.
La rame stoppe aussitôt dans un fracas de métal.
Il ouvre la porte, disparaît dans la nuit du tunnel.
La femme se précipite.
- Revenez, je vous en prie.
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