Une vie trop remplie


25 Novembre 2001

Que faire ? Que penser ? Quelle est la motivation qui me pousse à me lever chaque jour ? Qu'est ce qui me procure du plaisir, du bonheur, la paix ? Quelle est mon ambition sur cette terre dans le temps de vie qui m'est imparti ? Ai je seulement envie d'être ambitieux ? Je me retourne en arrière et de toutes ces années passées je n'ai rien fait. J'ai suivi le troupeau j'ai grandi comme les autres; certes j'ai eu mon propre cheminement, mes propres expériences, mes révoltes, de la haine contre la société, les hommes, leur fatalisme, leur cruauté, leur superficialité. Mais finalement je suis devenu exactement comme eux, je me suis soumis, conscient de cette acceptation, puis, pire encore j'ai fini par penser et par vivre comme eux, loin de mes rêves, loin de mes principes d'enfant, d'adolescent qui ne sont devenus naïfs que parce que je n'y ai plus cru. Bref aujourd'hui j'ai la volonté de tout reprendre à zéro quoi que cela m'en coûte : Finie la course à l'argent, finies les heures sups pour se faire bien voir du chef, fini de changer de voiture tous les six mois, fini de jeter le mobilier pour le simple plaisir d'en racheter du neuf. Je vais plus que jamais profiter de la vie, je vais occuper mon esprit, il faut que je trouve un but, une occupation, un sens, une raison de poursuivre ce qui a été commencé et dont je me retrouve seul maître à présent : ma Vie.

27 Novembre 2001

Il y a une sauterelle accrochée au plafond. Ma femme me l’a déjà fait remarquer il y a un ou deux mois; elle m'avait dit, à l'époque, que l'insecte se trouvait à la même place sans avoir bougé depuis plusieurs semaines. Je ne l'avais pas crue. Et pourtant, elle est encore verte cette sauterelle. Comment est elle rentrée ici ? Ces pattes sont dépliées, en position d'attente. On dirait qu'elle est capable de bondir à n'importe quel moment. Cela fait des mois… des mois, j'en suis maintenant conscient, qu'elle est là et qu'elle n'a pas bougé. Est elle vraiment morte, est elle morte parce que je ne la vois pas bouger ou parce que je crois qu'elle est morte ?

- Des mois…des mois que je ne vois plus ce qui se passe en toi – m’a-t-elle dit aujourd’hui.

C'est vrai que depuis que l'on s'est marié la verdure de son bouquet de roses a déjà eu le loisir de se dessécher et de laisser apparaître les premières épines du coeur de l'ensemble floral si parfaitement assemblé. Nous avons tous les deux eu à faire pas mal d'efforts pour coordonner nos emplois du temps, nos loisirs respectifs et collectifs. D'ailleurs en y pensant bien les loisirs collectifs ne concernent bientôt plus que les courses alimentaires, regarder avec plus ou moins de connivence et sans consultation préalable un programme à la télévision et finalement partager notre intimité ce qui en y réfléchissant bien rattrape tout le reste.

Je lui ai finalement répondu en faisant un laïus du genre : « L’hiver arrive, il fait froid dehors, on ne peut plus aller se promener sans risquer de tomber malade, et puis il y a le boulot, tous les soirs je rentre crevé, eh oui, il faut que je pense au futur, tu sais bien que j'ai une opportunité dans ma boîte qui te permettra de rester à la maison, pense à nos futurs enfants. Et je t'ai déjà parlé de mon malaise psychologique dû à ma nature d'homme : toi tu t'accompliras en ayant des enfants, moi, je suis contraint de rechercher la reconnaissance de mes pères pour assouvir mes besoins de réalisation personnelle ... »
J’ai trouvé ma réponse plutôt pas mal, assez convaincante mais un peu simpliste quand même, surtout à son égard. J’ai voulu rattraper le coup :
« Mais dans le fond, je sais bien que tu as raison, je te promets de faire des efforts d'ailleurs tu n’as qu'à me dire ce que tu as envie de faire et nous le ferons ensemble... »
J’ai fait comme dans mon cours de gestion de crises prodigué par mon entreprise, je lui ai remis la balle dans son camp, c'est elle qui a soulevé le problème !? Ben maintenant c'est à elle de mettre en oeuvre la solution…

17 décembre 2003

Où en étais-je ?

Mwouais, il vaut mieux tout reprendre à zéro. Bientôt quatre ans de mariage pas de gosse en vue, la même obsession créatrice et un conflit entre mon moi intérieur et le cadre mis en place par mon éducation, la société, mes illusions. Résultat : un mal de dos chronique, une ambition à la mesure de mon égoïsme, et une confiance retrouvée.
Ma plus grosse crainte : qu'un jour passe et n'apporte rien d'exceptionnel à ma vie. Le potentiel de faire des choses extraordinaires est en chacun de nous; mais le temps m'est compté et il passe si vite... Serai je capable de faire ce qu'il faut pour m'imposer à ma vie malgré les on dit, les états de fait, ce que les gens attendent de moi, de nous?

Je réponds oui.

07 mars 2005

Merde...déjà...2005...pas croyable...Putain de télé derrière moi...J'arrive même pas à me concentrer pour écrire ! Je lève la tête, la sauterelle est toujours là ! Ouf, tout va bien ! Enfin presque... j'ai presque plus toutes ces questions à la con...Presque...Presque plus...Mais bon j'ai pas écrit assez assidûment mes états d'âme journaliers pour pouvoir croire y échapper à ces questions...en y regardant bien j'l'ai même pas fait une fois par an !! Mais bon on s'en fout, en quatre ans t'en as trop fait, ton boulot, ton club de sport, tes supers investissements, tes idées d'artistes...Bref trop c'est trop, faut réduire, faut penser un peu à mieux vivre...Et pense à ta femme, elle a tout compris elle!! Elle profite, les 35 heures, les vacances 3 fois dans l'année, un peu de sport, les copines, lecture, ciné...Il ne tient qu'à toi de faire pareil. Allez !! Il faut lâcher du lest !! Alors tu laisses quoi en premier ?
Ah oui, c'est vrai...ta femme...Y'a un an qu'elle t'a quitté et à la fin du mois t'es officiellement divorcé...


AlainK

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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