Je t'ai haï
"C'est la trêve. J'ai des pensées pour toi, et je croyais que le temps ferait son affaire. Qu'il allait t'effacer.
Y'a des des éléments contre lesquels on peut pas lutter. Je sais pas où t'en es. Je t'espère sincèrement heureuse, épanouie, jouissive, et à ta place. J'ai admis ta présence quasi-éternelle entre les dorsales, quand ça craque et que je fais trois fois mon âge. J'ai ficelé le paquet cadeau, enfourné ça dans un prêt-à-poster, écrit la rue et la ville, et puis t'écouteras ça. Ça me prend les tripes, ça fait des nœuds avec.
Je tape dans les murs en BA 13, ça fait des trous et après j'y reviens et je sais plus pourquoi. Avant d'aller recycler les vides. Y'a des plaies qui me maintiennent en vie, qui suintent et me poussent à.
Sans transition, j'aime les artistes morts, ils ne me surprennent plus, j'ai le temps d'étudier l’œuvre, le pourquoi et comment.
J'aime pas quand j'acquiers pas, quand l'équilibre est précaire. Quand ça peut tournebouler au prochain opus.
Alors Bashung, hein, ça m'empêche pas d'en prendre plein la gueule... Il se passera plus rien, mais ça remue, du sel sur les béantes.
C'est pas une tentative de communication, je rallume juste le moteur d'un vieux solex, et je fais quelques centaines de mètres sur une ligne droite, laisse le au garage si t'as autre chose à foutre, et c'est pas une demande en forme de psycho inversée.
Y'a des personnages dans les chansons les livres les films la vie qui me font m'aimer, parce que j'ai le droit de me lever à pas d'heure, d'ignorer le tic-tac des absolus dans l'horloge, et quand ça vient je me couche et quand ça vient je rallume.
Et j'm'en branle du reste. Et puis tout compte fait y'a les gens que je veux pas décevoir, et leur regard compte.
Et pourtant j'ai le droit de. Et tu as le droit de. Quand ce qui nous reliait n'est plus, quand l'affectif niais et naïf a disparu, je pense à toi autrement, sans pour autant te vouloir, te désirer, vouloir te voir, te parler. Comme une image déformée et c'est intrigant ce qu'on y voit. Je t'ai manqué. J'sais pas pas pas pas pas, j'sais pas pas pas.
Y'a des mecs et des filles qui courent dans les plaines, à l'ouest les nuages ont dégagé, l'horizon est vert, chérie, des atomes, fais ce que tu veux."
Aesteban
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