French Mist
"... le crépuscule, l'aube pour les puristes, et au fond du jardin, après le bosquet et les grenouilles, une course vers le haut de la butte, où le vent souffle un peu plus frais. Une enfilade de rallonges, de quoi brancher l'ampli Vox et un micro, et donner de la consistance aux riffs d'Eryn, et ma voix, mes textes, le tout comme un appel vide et fuyant vers n'importe où ailleurs, aucun destinataire, et cette mélodie et ces mots qui n'existent pas, mais les crépitations dans nos yeux, vitreux, joyeux, acerbes, alcoolisés, tout ça avant même le chant du coq. De fines rafales, petites brises qui élargissent nos vêtements amples et débraillés, qui chahutent les chevelures, désamorcent les échancrures, optimisent les sensations, apportent un après, des envies pour plus tard.
La cloche du tramway qui s'invite et trouble ce souvenir pas si lointain, et je me demande bien ce que je fous là, à perdre mon énergie et mon temps, la ville me ronge lentement, mais il faut bien, parfois, faire des concessions. Rejoindre Eryn après ses auditions, et s'accorder: le processus de création, du néant à l'indicible, l'aménagement, le geste vers l'autre, et enfin, l'égo qui se flatte de quelque reconnaissance. Fuir, vite, et recommencer, dans l'extase, créer jusqu'à plus soif."
Aesteban
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