Émilie, cependant que je colportais mes gaudrioles


"En prélude, l'écoute de deux titres, deux mélodicolies de l'obséquieuse Pauline C., respectueuse alors, me semble-t-il, d'un amour qui s'évade, sonnant et trébuchant, deux rapsodies modernes qui m'échappent, s’insèrent dans mon vaste réseau, le parasitent, éteignent alors toutes autres envies, et me ramènent à toi, ici, bas.
Je ferais sans. Si seulement alors il me suffisait d'offrir une vengeance, la plus belle, celle de pardonner.
T'es beau. Eryn est là, qui m'ensorcelle de ses sortilèges et de ses compliments. Ceux que je refusais d'accepter quand tu les formulais.
Je m'agrippe à tout ce que je peux. Des nouvelles en forme de mirage, en provenance des terres que tu ne foules plus, des entiers parcourus à deux, les mains pas si loin l'une de l'autre, par pudeur, par peur d'afficher à l'autre le débord d'estime, de sentiments envahissants et constricteurs, l'absence de tout nous entourant, le goût délicieux du baiser d'adieu...
Si nos communications ne s'arrêtaient pas à une réponse, à un autre, une autre, quand j'évase et disperse mon envie de toi, pâle et douce brune aux contradictions éphémères, récurrentes, toi qui sors de scène sans arme et sans haine.
Mystérieuses italiques, les mots d'elle, empruntés dans un souci de banaliser, parce que cette peine, cet estomac en X que je m'accorde, je le recherche, il m'apaise, je peux faire une pause dans mon trop plein de, m'accorder quelques litres de, m'évader et laisser ressurgir, j'ai bien trouvé le temps d'apprivoiser le Cerbère.
Tout se paie, ta fuite est un retour de boomerang, comme un cancer en fin de course qui vient rappeler fatalement les abus, les idéaux d'un jour, que n'ai-je su...
Les larmes coulent, et je les envie, promptes à disparaître, leur flot, une fuite et une mort à grande vitesse. Je voudrais déverser continuellement, par simple ordonnance, quand je suis ivre de tristesse, tendrement clos sous les arcades, pilastres et piédroits et impostes.
J'aime ces moments là, les seuls à présent qui nous rattachent. Je claque mes doigts fins de pianiste potentiel, guitariste enjoué et perdant, et imagine une nouvelle rencontre, dans les tréfonds nocturnes d'une soirée inédite, en sortie de désert, sous une lune que tu ne manquerais pas de me faire remarquer, au pied d'un phare cathartique, faut-il mélanger des circonstances ?
Hémophile et hémorragie interne, affable, légère, combattue en vain par apport de riens, de substituts étagères, trompe l’œil, nos regards se suivent à présent, jamais loin, les distances s'élargissent sans progresser, ton corps à vif et ton sourire gêné qui répond au mien, et de tendres caresses pour se rassurer, et de longs baisers diables, chauds, nos doigts parcourent nos sens, sans jamais s’agresser, simples amants, soulève-moi, nus et offerts l'un à l'autre, les bras encerclent et préviennent les éventuels risques alentour, endormis et délestés, Nagchampa Agarbathi consommé, traces remarquables sur la moquette, et demain nous nous séparerons, non sans avoir échangé nos lèvres endormies.
Fuir, à contre-courant, défier les Gorges, dévier les sentiers touristiques, brûler les cartes qui me ramèneraient vers toi, 03140, empêcher les angoisses de se substituer à cette banale romance sans sens, leading us to a fade away, une plage sur l'île d'Oléron, ne retenir que la rencontre, la nuit enlacés, et oublier, une main sans la bague au doigt. "
"Je te guette, surplombant le mur, sifflant et pleurant, dormant à même l'habitacle, il se met à neiger des baisers."
" Vole-moi, arrache moi je t'en prie."


Aesteban

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