Buffalo'66 (tryptique 1)
"Le futur saigne, ruisselle le long des albums photos. Tes hanches passent de l'une à l'autre. Mes doigts caressent le piano, et tu psalmodies à en pleurer, sur cette petite estrade, et les rares spectateurs te tournent le dos, toujours, les êtres ailleurs.
Tu n'en as cure, parce que tu es celle qui te contemple, qui t'écoute et t'aime. Nous n'avons besoin de personne.
Il faudrait simplement qu'un échange substantiel de phéromones active nos contaminations mutuelles.
Et alors, il nous faudrait apprendre, Eryn, à partager les mensonges, et à cachotter les songes lointains. Aériens.
Les parasites sont si nombreux, et mes envies de te dire si récurrentes...
Peut-être vais-je te croiser à nouveau, esseulée et abondante, à deux pas des confluents.
Aurais-je alors l'audace de t'inviter à chevaucher avec moi ce cheval blanc, si léger et rassurant ?
Sauras-tu, d'une seule caresse, immaculer ma conception pas si vierge du néant à reproduire ?
" You can try the best you can, the best you can is good enough ".
Laisse moi partir. Conserver le souvenir de ta robe noire, sous laquelle j'aimais à me réfugier.
Parce que mon corps se tuméfie, et que les rares espaces désintéressés qui y résistent te sont dévoués, parce que tu ne voulais certainement pas assister à ma liquéfaction. Parce que je t'aime...
Quand tes yeux décryptent avant moi l'état par lequel je vais passer. Weird Fish. Quand en prélude tu écrases ton mégot sur la moquette pourpre et continues notre œuvre. Quand tu te refuses à moi parce qu'un autre est plus dangereux.
"Please don't follow me".
Aesteban
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