The Brown Bunny (tryptique 2)


" Le sourire adjacent de celui qui, enfin, s'éparpille à nouveau. Au plaisir de celles qui veulent bien tendre un lobe ou deux.
J'suis un sale con, parce que je n'affiche pas dans ma posture ma virilité et mes multiples capacités. Parce que je ne prétends rien qui ne soit déjà accompli. Je ne sais pas me vanter, juste me réjouir. Jouir.
J'suis détestable parce que je sais ce que je peux, et ce que je ne peux pas. Et j'vous emmerde.
Jamais je ne dis ou fais ce que je ne pourrais dire ou faire.
Je suis transparent, comme une pierre à polir que l'on abandonne parce que d'autres, en apparence, nécessitent moins de retouches. Touche-touche.
Et j'aime certaines comme on adore certains. T'embrasser et te rêver nue, t'écouter et penser à ce qui n'arrivera pas.
Te laisser défiler lentement sur le chemin du retour, et observer tes hanches qui zinzinulent...
Appeler un taxi, et l'arrêter au prochain comptoir, parce que d'autres ont peut-être tant à m'écouter, m'entendre me réjouir de la médiocrité, parce qu'elle en fait luire certains, j'en suis certain. Et parce que dans ces yeux, je trouve souvent de quoi m'assagir, pour mieux songer.
Je t'aime déjà, toi qui m'acceptes à tes côtés, qui souris parce que tendrement je pénètre ta sphère privée, m'assois et te demande qui tu es.
Et d'un sourire, tu me racontes et t'exhibes telle une muse étincelante dans mes nuits ou mes insomnies, à nu, toujours, parce que ton costume ne me dit rien de tes faiblesses et autres plaies, que je voudrais tant connaître...
Tes reliefs et ton élocution, ce regard qui attire et laisse entrer, oui, je...
Une étreinte qui en dit long, une caresse dans tes cheveux et un baiser délicat, subtil, ombrageux, et nous ne nous reverrons jamais.
Parce que..."


Aesteban

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