Ave Maria


Derrière tes yeux clos, en déposant un baiser sur ton front froid, j’ai vu ta vie mélangée à la mienne.

On raconte qu’avant de mourir on voit en quelques secondes sa vie entière défiler. Moi, le temps de ce baiser j’ai vu la mienne à tes côtés, comme si en une fraction de seconde j’avais gouté à ta mort au contact de ta froideur.

On dit qu’un corps sans vie n’a pas de beauté, pourtant en te regardant, ton petit corps recouvert de ce drap rose en satin, je ne t’ai jamais vue aussi belle. Cette dernière image de toi restera gravée dans ma mémoire au milieu de tous les souvenirs heureux que j’ai partagés avec toi. Peut être que demain je décrocherai mon téléphone pour prendre de tes nouvelles, ne m’en veux pas si j’oublie pourquoi tu ne décroches pas.

Je sais que tu attendais ce Départ de pied ferme, tu me l’as assez répété, je sais aussi qu’on n’est pas éternel, qu’il y a un temps pour vivre et un autre pour mourir, je sais qu’il y a un âge où il est juste de faire ses adieux… je sais tout ça et sache que je n’en veux à personne. Il n’y a pas eu d’injustice. Voilà pourquoi je te laisse partir en paix en espérant la trouver à mon tour, quand le temps viendra avec les larmes que je retiens tant que je peux jusqu’à ce que ma dignité m’abandonne. Ce jour venu, j’en voudrai à la terre entière, peut être même à toi, à Dieu et à ses Saints, ce jour venu je libérerai mon amour pour qu’il monte te rejoindre, toi et tous ceux qui t’ont précédée. En attendant cet armistice je te cède toutes mes pensées, désolée mais c’est tout ce que je peux donner à cette heure. Sois patiente, le reste ne saurait tarder.


Bébé.com

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